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Tout sur la culture des salades, dans l’Espace !

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Thomas Pesquet est reparti dans l’espace, et plus précisément à bord de l’ISS. Comme lors de sa première mission, l’engouement autour de sa personne et de la recherche spatiale acquiert une ampleur incroyable. Elle retombe cependant une fois la capsule de retour sur le plancher des vaches. Mais justement, le voyage de Thomas Pesquet dans l’espace, c’est aussi une question de culture, de terre, de floraison, de maîtrise du vivant. Si son carré potager prend une tout autre forme que celui de votre jardin, les deux sont liés et l’on vous invite à présent à découvrir comment.

Un potager de l’espace, pour quoi faire ?

Vous vous souvenez du film Seul sur Mars où Matt Damon interprétait le rôle d’un astronaute contraint de survivre sur la planète rouge ? Il cultivait des pommes de terre à partir de semences importées et d’excréments ! Les conquérants de l’espace d’aujourd’hui n’en sont pas encore arrivés à ce niveau, mais la culture dans l’espace représente une grande préoccupation. Et c’est l’accessibilité de la planète Mars qui est justement en jeu. Un voyage aller-retour de plus de 18 mois dans les meilleures conditions représente une quantité de vivres énorme pour les voyageurs. Faire pousser des produits frais représente un gain de poids, de volume (de coûts aussi), mais surtout un apport en produits frais toujours appréciable lorsque la seule nourriture accessible est lyophilisée. C’est pourquoi plusieurs expériences ont auparavant été menées. En 2015, le légendaire l’astronaute Scott Kelly, durant sa mission de 1 an dans l’ISS, a fait pousser de la laitue romaine. Elle fut consommée, photo à l’appui, le 10 août 2015. L’histoire ne dit pas s’il fallut un surplus de vinaigrette pour le goût, mais l’opération établit la preuve que la culture dans l’espace est possible.

Les difficultés de la culture dans l’Espace

L’expérience de la laitue romaine n’est au demeurant pas la seule. La Chine est installée depuis quelques années sur la face cachée de notre satellite et a annoncé en 2019 avoir réussi à y faire pousser du coton. Ce n’est certes pas comestible, mais cela démontre la capacité à faire pousser la vie dans un environnement particulièrement maîtrisé. C’est essentiel, car il est strictement inenvisageable d’utiliser le sol martien ou lunaire pour une quelconque plantation. Le sol n’y est pas organique puisqu’il n’y a pas de vie. Les sols martiens et lunaires ne se composent que de roche, en particulier de l’oxyde de fer pour Mars d’où son aspect rouge. C’est sans compter sur les températures. On peut considérer la température moyenne de notre satellite et de Mars à -70°. Maîtrise de l’eau, de l’oxygène, de la lumière, de la gravité, des rayonnements cosmiques, voilà quelques défis pour les futurs cultivateurs de l’Espace.

Si la culture est compliquée, elle n’en pas impossible pour autant. La NASA a initié il y a quelques années le programme Veggie dans lequel s’insère la pousse de la laitue romaine. Plus récemment, ce programme a permis le premier repiquage de l’espace sur des plants de laitue. Si vous avez du mal à les réussir chez vous, imaginez devoir réussir cette manœuvre dans l’espace, sans aucune lumière naturelle et dans un environnement en microgravité. C’est un exploit, car cet état chamboule toutes les mécaniques d’écoulement des fluides. En conséquence, la plante ne se nourrit pas dans les mêmes conditions que dans une terre cultivée sur Terre. Et le programme a réussi avec un repiquage qui a permis de faire repartir les laitues. Une anecdote qui constitue en réalité un grand pas vers une solution de production à long terme de fruits et de légumes.

Les intérêts scientifiques de l’astro-botanique

Toujours dans le cadre de ce programme, des radis ont été cultivés dans l’ISS. Contrôle permanent du dioxyde de carbone, système d’irrigation adapté, simulation de la lumière naturelle avec des LED, tout a été fait pour la réussite de la pousse et ce fut le cas. Mais ils ne finiront pas dans une belle assiette de crudités, mais vont redescendre sur Terre avec le départ de l’équipage que celui de Thomas Pesquet remplace. But de la manœuvre : comparer ces radis avec ceux cultivés exactement dans les mêmes conditions sur Terre dans un laboratoire de la Nasa, afin d’étudier plus précisément l’impact de la micro-gravité.

L’astro-botanique n’a pas pour but unique de faire des expériences et de faciliter le chemin vers Mars. C’est aussi un laboratoire d’expériences dont les résultats sont et seront exploités sur Terre. C’est par exemple le cas de l’Université de Pennsylvanie qui travaille à une expérience similaire à celle du film Seul sur Mars relaté en introduction. L’usage pourra être pour les astronautes, mais aussi dans le but de localiser des voies d’amélioration des engrais sur terre.

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